Close

4/5

Une amitié céleste


Le cinéaste belge Lukas Dhont avait fait forte impression en 2018 sur la Croisette avec son premier long métrage : Girl. Il est de retour avec Close, une œuvre qui a elle aussi su faire mouche au Festival de Cannes, puisqu’elle y a remporté le Grand Prix du Jury. Voici notre avis.


Close, c’est une histoire d’amitié gorgée de lumière, solaire, fusionnelle, entre deux garçons de treize ans, Léo et Rémi. Une amitié qui sera mise à rude épreuve : en vérité, elle semble trop parfaite pour ne pas être suspecte, aux yeux des autres. Des filles demandent un jour à Léo et Rémi s’ils sont en couple. Un camarade de classe ira plus loin : « Pédale ! », lance-t-il à l’adresse de Léo. Pédale : le mot est lâché, comme on tire un coup de fusil.


L’amitié aussi belle que rare qui unit Léo et Rémi saura-t-elle survivre aux moqueries, aux quolibets, aux regards désapprobateurs ?


La mise en scène est maîtrisée. C’est beau, délicat, raffiné – à l’image de cette histoire d’amitié entre Léo et Rémi. Le compositeur Valentin Hadjadj signe la bande originale. Une partition remarquable, envoûtante, somptueuse, qui nourrit le film, décuple sa force. On est touché, on est secoué. Close est une perle.


On se souviendra longtemps des courses de Léo et Rémi à travers des champs fleuris, colorés. Des séquences magnifiques, poétiques, oniriques. On se souviendra longtemps aussi du pendant ténébreux de ces instants aériens, graciles, nimbés d’une clarté pour ainsi dire céleste : cette séquence où, au cœur d’une nuit pluvieuse, plantes et fleurs sont fauchées. Tout un symbole.