top of page
Logo Clap.ch
Cinétoile

Festival d'Annecy: jour 3 — la chaleur et les vagues

Le Festival international du film d’animation d’Annecy se poursuit. Retour sur une troisième journée marquée par la chaleur, un matin sacrifié et une soirée émouvante.



Le festival consume. Non seulement par l’intensité de sa programmation, mais aussi par la chaleur qui s’abat sur Annecy dès le matin. Se lever tôt devient une épreuve en soi : l’air est lourd, le soleil frappe déjà fort, et mon corps accumule la fatigue des nuits courtes. La veille, couché entre minuit et une heure du matin, j’avais réservé un film à 8h30 le lendemain avec optimisme, en pensant être suffisamment en forme pour pouvoir y aller. Le réveil n’a pas eu lieu. Ou plutôt si, mais suivi d’une décision raisonnable : se rendormir, et laisser filer ce premier film pour mieux tenir le reste de la journée.


On cherche à se rafraîchir au Festival du film d'animation d'Annecy ©ANNECY FESTIVAL / B.Cafieri
On cherche à se rafraîchir au Festival du film d'animation d'Annecy ©ANNECY FESTIVAL / B.Cafieri

Ce matin perdu s’est transformé en une occasion inattendue. Depuis mon arrivée, Annecy existe surtout comme un réseau de salles à rejoindre, de files à anticiper, de coins où manger vite entre deux séances. Le lac, les parcs, le vieil Annecy avec ses canaux et ses ruelles pavées : tout cela, je l’avais entrevu en passant, sans jamais vraiment m’y arrêter. Ce matin-là, j’ai pris le temps. Direction le Pâquier, vaste pelouse longeant le lac où des familles et des promeneurs profitent de l’ombre des arbres. Puis le Jardin de l’Europe, plus soigné, avec ses jardins colorés et ses bancs face à l’eau. Et enfin un tour dans le centre-ville, ses boutiques, ses terrasses déjà animées en milieu de matinée. Une pause qui fait du bien au cœur du festival.


Photo d'ambiance ©ANNECY FESTIVAL / B-Cafieri
Photo d'ambiance ©ANNECY FESTIVAL / B-Cafieri

Le soir, un film m’attend. In Waves de Phuong Mai Nguyen, à 20h au Pathé. Adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, le film suit AJ et Kristen, deux jeunes de Los Angeles que le surf et l’amour rapprochent, avant que la maladie ne vienne tout bouleverser. Ce qui frappe d’abord, c’est la délicatesse avec laquelle le film traite la maladie et le deuil : jamais dans le pathos, toujours dans le mouvement. L’océan traverse le film de part et d’autre : dans l’animation fluide aux teintes bleutées, dans le travail sonore où la houle s’invite jusque dans les dialogues ainsi que dans le symbolisme qui lie Kristen aux vagues. La bande originale signée Oklou et Rob, mêlant pop éthérée et nappes électroniques, marque le film d’une empreinte sublime, riche en émotions.


Le film In Waves réalisé par Phuong Mai Nguyen © Frenetic Films AG
Le film In Waves réalisé par Phuong Mai Nguyen © Frenetic Films AG

La salle du Pathé était émue. Pas discrètement : on entendait les gens renifler, se moucher, on les voyait s’essuyer les yeux. Ce genre de réaction collective, dans le noir d’une salle de cinéma, dit quelque chose que la critique ne peut pas toujours formuler. In Waves touche juste, et profondément.


Ce soir-là, pas question de répéter l’erreur de la veille. La quatrième journée se prépare dès maintenant : il faut se coucher tôt, pour être en forme demain matin.

Pour aller plus loin :

bottom of page